Parallèles

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Marie Antoinette, Yankee Bushiste à la cour du roi Louis

Posted by Parallèles sur 27 octobre 2006

Je n’en ferai pas mystère: j’aime bien Coppola mais je n’aime pas (euphémisme) ce film. Cependant, une critique parue cette semaine dans le New York Times (le film vient juste de sortir aux Etats-Unis) rachète un peu le film, d’une façon inattendue et peut-être involontaire de la part de Sofia Coppola.

Dans la série « tous les américains ne sont pas des cons, » je vous traduis la fin de cet article de Caroline Weber:

Nous savons vers quel destin la consommation effrénée et le privilège immodéré menèrent Marie-Antoinette. Cependant, Mlle Coppola a choisi d’interrompre son film quelques années avant la révolte sanglante qui fit chuter son trône (et sa tête).

De façon assez étrange, c’est précisément ce refus de traiter la question, ce manque de profondeur — que les détracteurs du film ont eu raison de critiquer — qui donne à la mièvrerie du regard cinématographique de Mlle Coppola un mordant politique d’actualité.

En enrobant l’arrogance et l’ignorance américaine du 21e siècle dans le rafinement couleur pastel de la cour française du 18e siècle, Mlle Coppola a sans le vouloir mis en lumière la patine terne de notre propre âge doré.

Ne prêtant aucun intérêt aux questions politiques épineuses, aucune attention aux conséquences de ses actions, aucun doute au sujet de ce qu’elle croyait lui être dû, cette Marie-Antoinette incarne l’américain d’aujourd’hui dans toute sa laideur: le Yankee bushiste à la cour du roi Louis.

Et comme la royale malade du shopping, dont l’insouciance légère et écervellée l’empêche de saisir tout événement déplaisant à l’extérieur de son palais, nous Américains sommes tout à notre poursuite des plaisirs, alors même qu’un monde plus vaste et plus effrayant réclame à grand cri notre attention.

Mais pourquoi s’inquiéter? La Marie Antoinette de Mlle Coppola, confortablement installée dans sa bulle de décadence sans honte, agit comme si elle gouvernait le monde alors même qu’elle est en train de le détruire. Suivant son exemple on ne peut plus américain, pourquoi ne pas nous estimer en droit de nous faire servir notre gâteau, et le manger?

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